TokTokDoc


07 MAI 2020 |CRISE SANITAIRE


Covid-19 : “Attention aux dégâts collatéraux” préviennent les médecins

En tant qu’acteur de santé, nous savons très bien que chaque remède apporte son lot d’effets secondaires. Si le confinement a eu un effet plus que bénéfique, avec une diminution du nombre de personnes infectées par jour, il existe aussi des dégâts collatéraux à prendre en compte. Dès lors que les contacts et déplacements ont été réduits, les chiffres montrent la baisse d’affluence des cabinets médicaux. Malgré la téléconsultation, le suivi des maladies chroniques est de plus en plus compliqué car les patients n’osent pas contacter leur médecin. Cette crise du Covid-19 pourrait bien avoir des impacts sur les malades plus importants que prévus aussi bien sur un plan physiologique que psychologique.

  • Les causes de ces “effets secondaires”
    Les consultations ont baissé de 44% chez les médecins généralistes et de 71% chez les autres spécialistes depuis le début de la crise du coronavirus, selon des chiffres publiés par une plateforme de prise de rendez-vous médicaux. Les explications de ces difficultés sont multiples. 
    D’une part, les patients auraient peur d’être contaminés en allant chez leur médecin. Dans leur esprit, sans doute, il est plus risqué d’être contaminé par le Covid-19 que d’avoir un mauvais suivi de leur pathologie. En vérité, il n’y a pas de risque à consulter son médecin. Par exemple, la télémédecine permet une prise en charge de qualité. Dans le cas où elle ne serait pas possible, le médecin prendra la décision d’une consultation présentielle avec toutes les précautions qui s’imposent. Il ne faut donc surtout pas reporter une consultation mais bien adapter ses modalités aux conditions du moment.
    D’autre part, les patients ne voudraient pas surcharger un système de soins déjà en forte tension. C’est en réalité le raisonnement inverse qu’il faut adopter, avoir une consultation en ville au bon moment. Une prise en charge tardive au sein d’un service hospitalier sera plus contraignant à la fois pour le patient que pour l’organisation de l’hôpital. Il ne faut surtout pas, à force de répéter que l’ensemble du système de santé est tourné vers le coronavirus, que les patients minimisent leurs symptômes ou considèrent que leurs consultations, leurs traitements ou leurs soins peuvent être différés.

    Les patients d'Ehpad premiers concernés par ce phénomène
    Parmi les conséquences du confinement que l’on retrouve en établissements médico-sociaux, il y a la majoration des démences et des troubles psychiques : «Cette décision peut avoir un impact significatif sur le bien-être des personnes âgées et notamment des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, ayant besoin de repères réguliers, souvent attachées à la présence d'un proche. Cela pourrait avoir des conséquences directes sur l'évolution des troubles cognitifs», avait alors réagi France Alzheimer sur son site internet. C’est ce que l’on appelle le risque du “syndrome de glissement”. Sans contact social avec sa famille ou les autres autres résidents, la personne va perdre en interactions mais aussi en stimulations. Dès lors, ceux qui avaient déjà des antécédents d’anxiété et de dépression risquent de voir leurs symptômes s’aggraver. Il apparaît même que certains qui ne sont, au départ, pas des patients à risques se trouvent là aussi dans une situation psychologique précaire.
    Pour éviter ce risque, il faut chercher à recréer ce lien. Tout d’abord avec la famille des résidents à travers les appels téléphoniques ou les applications de visio-communication sur tablette par exemple. Nous avons même vu des situations où la famille va dans les jardins de la résidence pour échanger avec leur parent présent sur son balcon. Concernant les activités internes à l’Ehpad, une est récemment ressorti dans les médias : un petit baccalauréat où chaque personne est placée sur le pan de sa porte. Cette activité va être cognitive mais aussi ramener un lien social dans l’établissement.
    Les personnes âgées peuvent aussi avoir une perte de repères qui va avoir une influence sur leur état psychologique. En effet, elles sont habituées à des activités à heures fixes. La modification du déroulement de leur journée, notamment le fait de rester la journée dans leur chambre y compris pour le repas, va donc fortement impacter leur bien-être. De plus, certains établissements ont été divisés en deux parties entre malades et non malades. Dans ces conditions, les résidents vont devoir changer de chambre et accentuer leur confusion.   
    Autre problématique psychologique, les résidents sont angoissés notamment par la situation sanitaire. S’ils sont lucides, ils vont alors avoir des inquiétudes au sujet de leur contamination par le covid-19 ou de celle de leurs proches. Quelles que soient les angoisses, la téléconsultation en psychiatrie paraît être une bonne alternative pour rassurer pendant cette période. Si cela n’a pas vocation à remplacer un échange en présentiel, il s’agit d’un complément intéressant. 
    Pour finir, les soignants redoutent une perte de chance chez ces personnes polypathologiques. Ces atteintes psychologiques vont aussi avoir un impact sur leur état physiologique. Par exemple, la perte de poids des résidents pendant ce confinement est une inquiétude. Cela a été constaté dans un Ehpad partenaire dans lequel nous intervenons avec nos infirmières mobiles de télémédecine. En effet, 50% des résidents ont connu une perte de poids significative. La raison ? L’isolement, des autres résidents, mais aussi de leur famille amène une perte d’appétit. En effet, l’aspect social a un impact sur la volonté de manger.
    D’autre part, on remarque aussi que l’absence de certains professionnels de santé qui se déplaçaient dans les établissements a un impact négatif sur leur état de santé général. Les visites des masseurs-kinésithérapeutes ont par exemple été interdites pour limiter les contacts qui sont bien sûr incontournables lors de manipulations. Par le fait, à cause du manque d’activité physique, les résidents vont avoir de plus en plus de difficultés à se déplacer
    Ces différentes composantes psychologiques et physiologiques prouvent donc l’importance du contact humain dans le bien-être des résidents d’Ehpad. Pour cela, les différents acteurs que sont les soignants, dans l’établissement mais aussi en dehors, les proches doivent avancer main dans la main. Ces conditions sont nécessaires pour éviter que d’autres problèmes s’ajoutent au quotidien de ces personnes fragilisées. 
    En cette période, TokTokDoc s’engage plus que jamais. Désormais notre service de téléconsultation est directement disponible sur les tablettes et/ou les smartphones de l’établissement. Nous offrons ainsi un lien entre patients et médecins pour permettre d’une part un meilleur accès et une continuité de l’offre de soins mais aussi de conserver un lien social.
    Testez notre application TokTokDoc LITE gratuitement pendant 2 mois et profitez d’un service de télémédecine complet.

Partager cet article :