Journal de bordNos infirmiers-ères mobiles en télémédecine partagent leur expérience du terrain

La neuro-psychiatrie en Ehpad

par DavidDécembre 2020

Le prénom et certains détails ont été modifiés.
Marcel est un résident de 78 ans, atteint d’une démence à corps de Lewy.Depuis quelques semaines, il est de plus en plus mutique, devient opposant lors des soins et se trouve en conflit permanent avec son épouse, qui vit dans le même EHPAD et tente de le motiver continuellement. Inquiète, l’équipe soignante demande une téléconsultation avec le neurologue qui le suit habituellement.
Bien qu'il soit 16h, Marcel est allongé dans son lit lorsque j’arrive. Il ouvre un œil au son de ma voix mais le referme presque aussitôt. Il réagit cependant au son de la voix du médecin et observe le visage de celui qui tente d’entrer en communication avec lui. Il ne répond cependant aux questions qu’à demi-mot, en marquant de longues pauses après les questions ou les remarques du neurologue et du psychiatre qui participent à la téléconsultation. Il exprime ainsi une grande tristesse et une profonde lassitude, qui le force à rester allongé même dans la journée.
Les deux professionnels établissent rapidement un diagnostic, au vu de l’état clinique du patient et de la description du comportement que je leur fais. Pour eux, la dépression qui accompagne régulièrement ce type de démence est en train de s’accentuer, avec un risque important d’arriver à un état catatonique, ce qui a déjà été le cas pour ce patient dans le passé.Les médecins décident de lui administrer sans tarder un cocktail d’anti-dépresseurs, connu sous le nom de “California Rocket Fuel”, dans le but de lever rapidement cet état dépressif profond. Un suivi assez rapproché de l’état du patient est également organisé avec les deux spécialistes.

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