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Économies, bien-être, prévention : qu’attendre de la télémédecine en Ehpad ?

Dan Grünstein
Directeur général de TokTokDoc

26.01.2022


Une étude récente de l’Institut économique Molinari évalue que le développement de la téléconsultation et de la téléexpertise permettrait d'économiser (au minimum) un milliard d'euros par an. Son attrait est de proposer une équation simple et applicable à l’ensemble de la population : de telles économies pourraient être déclenchées en faisant monter la part des consultations à distance à 10% du total des consultations médicales, contre 5% actuellement.Mais dès lors que l’on s’intéresse aux personnes les plus fragiles, l’équation devient plus complexe - et produit des résultats encore plus frappants.

Remettre les chiffres en perspective


Un exemple ? 40% des résidents en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) passent en moyenne 19 jours par an à l’hôpital. Sur la base de 768 000 résidents en 2015, au tarif d’une journée d’hospitalisation en médecine, cela représente près de 6 milliards d’euros. Or l’organisation médicale structurée par la télémédecine permettrait de réduire de 50% le nombre annuel d'hospitalisations, avec un meilleur rapport bénéfice/risque pour les résidents.
Une meilleure gestion des hospitalisations des 728 000 personnes résident en Ehpad aurait donc un impact financier trois fois plus important que celui d’une hausse de l’usage de la télémédecine par les 66 autres millions de Français...
Et ceci sans même aborder les sujets des passages aux urgences non suivis d’hospitalisations ni des coûts de transports. Quand on sait que 108 000 résidents de plus sont attendus d’ici à 2030, et encore 211 000 autres de 2030 à 2050, on comprend que les enjeux y sont énormes. Pour les personnes, comme pour notre système de santé.

La partie immergée de l’iceberg : la prévention et le dépistage


La pertinence de la démarche soignante est essentielle pour garantir le maintien d'une vie personnelle et sociale de qualité, mais aussi la durabilité de notre système de santé. Là aussi, la télémédecine a son rôle à jouer. La prévention primaire (réduction du nombre de nouveaux cas), secondaire (dépistage des patients) et tertiaire (moindre aggravation de la situation) s’est éloignée des Ehpad. En cause : manque de temps soignant, densité de médecins en baisse, et difficultés d’accès ou de déplacement des personnes.
Car en établissement, 59 % sont très dépendant(e)s (classé(e)s avec un groupe iso-ressources (GIR) 1 ou 2). 66% ont besoin d’aide pour se lever, se coucher, s'asseoir. 75% pour se déplacer. 86% pour s’habiller. Ce qui donne une idée du stress induit pour les patients, et la logistique requise de la part des personnels soignants.
Or dans la moitié des Ehpad, pour 1 000 heures de besoins de soins d’accompagnement de la perte d’autonomie, le personnel soignant et les agents de service ne peut répondre que par 836 heures. Les difficultés de recrutement sont récurrentes. La pénibilité du travail entraîne un taux de turn-over important dans le personnel, entraînant des ruptures de soin ou de suivi. Comment assurer le préventif quand le curatif peine déjà ?

Apporter de la ressource soignante


Les capacités de soin ont grand besoin d’être renforcées, afin de les rendre disponibles pour le bon patient au bon moment, en en optimisant la continuité.
C’est pourquoi nous avons créé la Policlinique mobile TokTokDoc, véritable établissement de santé « hors les murs ». Elle embarque des outils de prise en charge télémédicale et une équipe d’infirmières mobiles expertes en télémédecine. À distance, des médecins sont disponibles, ainsi qu’une équipe de coordination incluant secrétariat médical et fonctions supports. Le résultat : un « parcours de soins » complet, qui vient apporter aux établissements le renfort dont ils ont besoin.
Et puisqu’on parle de chiffres : nous sommes fiers de dire que cet établissement de santé d’un nouveau genre, déployé dans le cadre d’une expérimentation article 51, compte aujourd’hui 1370 patients bénéficiaires sur 17 établissements et 3 bassins de santé. L’accès au soin des résidents concernés a été plus que doublé en un an, le recours aux spécialistes presque triplé. Une récente étude sur 77 résidents bénéficiaires de la solution a relevé 67 transports et 12 hospitalisations évitées en 6 mois. De quoi, peut-être, combiner soin et économies - au bénéfice de tous.

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