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Moins de médecins, plus de besoins : l’équation de la démographie médicale

Dan Grünstein
Directeur général de TokTokDoc

12.05.2021


La France compte 226 000 médecins en activité en 2018, dont près de 100 000 généralistes. Or leur nombre stagne. Pire : un sur trois a plus de 60 ans, la moitié plus de 55 ans. Le pic (ou plutôt le gouffre) de la crise de la démographie médicale est attendu entre 2021 et 2025, c’est-à-dire... maintenant !
Le tissu médical se délite en quantité, mais aussi en densité. Les spécialistes sont concentrés dans les grands pôles urbains. La population en France vivant dans un territoire de vie-santé sous-dense, soit ayant accès à moins de 2,5 consultations par an et par habitant, est passée de 2,5 millions à 3,8 millions de personnes en 2018.


Les populations fragiles sont en première ligne


Des difficultés particulièrement sensibles pour les Français les plus âgés, dont le nombre ne cesse de croître. Pensez qu’en 2070, la proportion de 75 ans et plus aura été multipliée par deux ! Or en 2016, les patients de 70 ans ou plus ont eu 2 fois plus recours aux médecins généralistes et près de 16 fois plus aux infirmiers que les personnes plus jeunes. Ce qui donne une idée de l’écart entre l’offre et la demande de soin qui nous attend...
Le besoin est déjà criant dans l’ensemble des structures d’accueil médico-sociales, notamment les résidences services et autonomie ou les Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) que connaît bien TokTokDoc. Les résidents en EHPAD cumulent en moyenne 8 pathologies. Près d’un sur deux sont en état de dépendance totale ou sévère, c’est-à-dire avec un groupe iso-ressources (GIR) 1 ou 2. Neuf sur dix souffrent d’affections neuropsychiatriques. Environ 40 % des résidents les plus dépendants ont au moins une pathologie chronique non stabilisée.

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Les infirmières et les infirmiers : une force vive


La France dispose déjà d’une force sur laquelle s’appuyer : les infirmiers sont la profession de santé la plus nombreuse, aujourd’hui à son maximum historique en termes d’effectifs (plus de 600 000 en activité) et de densité (972 pour 100 000 habitants en 2016). Entre 2000 et 2017, le nombre d’infirmiers a augmenté de 70 %. Le futur de leur démographie s’annonce positif : ils et elles seront près de 900 000 en 2040.
Cette dynamique répond parfaitement à l’évolution de la demande de soins, et pourrait également soutenir les besoins de prévention. Face à la baisse des effectifs des médecins, notre système de santé ne peut évoluer qu’avec un partage des tâches différent. Objectif : recentrer le temps dont disposent les médecins sur leur expertise première, et diversifier la prise en charge des patients grâce aux autres professionnels de santé et notamment les infirmiers.
Ce « décloisonnement » peut leur donner un rôle de proximité, de coordination du parcours de soin, en appui des professionnels de soin primaire. Une montée en puissance déjà amorcée avec le cursus d’Infirmièr(e)s en Pratique Avancée (IPA). Une voie dans laquelle il faut résolument continuer. Aux États-Unis, on compte plus de 300 000 Advanced Practice Registered Nurses (APRN).


Tirer le meilleur de la télémédecine


Mieux : nous avons maintenant les outils technologiques pour accélérer cette collaboration. Déjà au point techniquement, un an de pandémie l’a faite rentrer dans les mœurs à marche forcée. C’est une ressource précieuse pour répondre aux besoins des zones isolées, pour les personnes en fragilité (en EHPAD notamment), et pour faciliter l’accès à des expertises jusque là inatteignables parce que trop lointaines ou trop rares.
Mais attention : un dispositif connecté n’est pas une solution miracle en tant que tel.
La télémédecine est consommatrice de temps médical et, on l’a vu, nous en manquons cruellement. L’appropriation et le maniement d’un dispositif connecté ne s’improvise pas. Et laisser une borne de téléconsultation, aussi connectée soit-elle, au sein d’un établissement, n’en garantit absolument pas un usage rationnel et utile.
Quid de l’« embarquement » des équipes soignantes ? Du manque d’informations ? Des problèmes de communication interne et de transmission ? Voire du manque d’intérêt, de la crainte - naturelle - du changement, quand il n’est pas accompagné, ou de la déshumanisation du soin ? Du manque de personnel, face notamment à des protocoles lourds ou à la difficulté à faire rentrer ces actes d’un nouveau genre dans un parcours de soin unifié ?


TokTokDoc révolutionne le « temps médical accessible »


« La révolution ne sera pas télévisée » chantait Gil Scott-Heron en 1971. Aucun patient et aucun soignant ne verra sa vie transformée seul devant un écran !
Le changement de démographie médicale contient en lui-même les germes d’une révolution du soin. Disposer de moins de médecins implique de les rendre plus experts. Et de les appuyer par un maillage d’infirmiers augmentés, en lien constant et qualitatif grâce à la télémédecine.
Cette nouvelle organisation du soin existe déjà. Elle est toute entière encapsulée dans la Policlinique Mobile TokTokDoc, expérimentée au titre de l’article 51 de la PLSS 2018 : des infirmiers « volants » experts en télémédecine, appuyés par un réseau territorial de médecins généralistes et spécialistes « à la demande », connectés via des dispositifs technologiques performants, le tout dans le respect du parcours de soin et des équipes soignantes qui font appel à eux. Cette médecine du futur s’insère de façon fluide dans le système actuel en en appuyant les forces, et en en compensant les faiblesses.
La révolution du soin sera organisationnelle et humaine.

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