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L'infirmier mobile de télémédecine,
un renfort humain décisif

Dan Grünstein
Directeur général de TokTokDoc

21.04.2021

« Ici, il n’y a pas de semaine type ! »Dans la bouche d’un(e) soignant(e), cette phrase est souvent teintée d’épuisement. Pourtant quand Bérénice, infirmière mobile de télémédecine chez TokTokDoc, la prononce, c’est bien avec entrain. Préparation, consultation, suivi, soin, exploration, formation, coordination : les missions et les enjeux se succèdent, se chevauchent, se nourrissent les uns des autres.« C’est un métier à créer » ajoute Bérénice et « nous le faisons ensemble, tous les jours ».


Sauter d’une spécialité à l’autre. Passer d’une téléconsultation en cardiologie en foyer d’accueil médicalisé à de la psychiatrie en EHPAD. Échanger en présentiel avec les responsables d’un établissement avant de commencer sa réunion d’équipe TokTokDoc en visio.Voilà le quotidien d’Aurélie, elle aussi infirmière mobile de télémédecine : « j’ai l’impression de faire partie de plusieurs équipes, trois en réalité, celle des deux établissements où j’interviens et celle de Toktokdoc ».
Car Aurélie et Bérénice sont toutes deux salariées de la Policlinique mobile TokTokDoc, une entité dont les infirmières expertes en télémédecine viennent en renfort là où il y en a besoin, quand il y en a besoin - à l’appel des établissements de santé ou des collectivités.
Réduire les frictions
« Vous vous rendez compte que la personne n’a plus à bouger de sa chambre ? » sourit Bérénice. C’est autant d’angoisse en moins pour de nombreux résidents d’établissements de santé. « Ils se demandent si leur repas chaud les attendra à leur retour, s’ils ne vont pas être oubliés, si le transport va bien se passer ». Avec la télémédecine embarquée, tous ces petits et gros freins au soin disparaissent. Y compris pour l’équipe soignante en place, soulagée du stress d’un déplacement parfois compliqué.
« Faire appel à une infirmière tierce, pour un établissement, aujourd’hui c’est une charge » explique Emmeline, Directrice de la Policlinique mobile TokTokDoc. « Elle doit donc aller vite pour être rentable. C’est de cette logique que nous essayons de sortir. »
Bénéficiant d’un modèle de financement vertueux dans le cadre d’une expérimentation Article 51, TokTokDoc salarie ses infirmièr(e)s et est rémunéré de façon forfaitaire (selon le nombre de résidents suivis). Finie la facturation à la consultation : le temps, celui de l’écoute, de l’exploration, de la collaboration, fait son grand retour dans le soin.
Retrouver le temps du soin
Plus de confort pour les patients donc - sans rien perdre à la qualité des examens, réalisés à distance avec les médecins spécialistes et au moyen d’équipements technologiques sélectionnés avec soin. « Il faut se rendre compte : je suis au lit du patient, je tiens la sonde, je fais l’échographie cardiaque, avec le médecin en téléguidance. Tout est plus simple et plus direct » s’enthousiasme Bérénice. À ses côtés : la soignante référente de l’établissement et une Aide Médico-Psychologique qui explique et rassure.
En une matinée, huit patients ont ainsi été vus par un cardiologue en 2h30 de temps. Un résultat qui est tout sauf celui d’une logique productiviste.« Que je fasse une consultation ou 100 par mois, mon salaire ne change pas » sourit Bérénice. Car le financement est ingénieux, forfaitaire au parcours et non plus à l’acte. Ce qui compte, c’est le travail en amont : recherche d’information, électrocardiogramme, identification des besoins avec le personnel de l’établissement. Et en aval : restitution, vulgarisation avec le patient, enrichissement du suivi partagé avec l’établissement.
« Nous sommes là pour répondre au besoin des patients et des équipes soignantes »
Tout cela permet de soulager les équipes soignantes résidentes et d’apporter le soin le plus adapté à celles et ceux qui s’en trouvent parfois éloignés. « Nous voyons par exemple beaucoup de gens en souffrance morale, qui n’ont pas encore de prise en charge psy » explique Emmeline. « Il y a celles et ceux qui ont toute leur tête mais qui souffrent, de dépression par exemple, et puis ceux qui ont des troubles qui nécessitent une prise en charge. »
Dans ces situations, la téléconsultation de psychiatrie a été un outil précieux pour les aider et établir des réponses personnalisées. Récemment, David, infirmier de la Policlinique, a ainsi pu réaliser une téléconsultation avec à la fois un neurologue et un psychiatre pour un résident de 78 ans, atteint d’une démence à corps de Lewy, tout en restant à son chevet. Effectuée à la demande de l’équipe soignante, elle a permis d’établir un diagnostic et de réagir rapidement à la dégradation de son état.
« Pour moi ce métier représente l’avenir » souligne Aurélie. Être infirmièr(e), c’est considérer la personne dans sa globalité. Comprendre et respecter son environnement. Connaître son histoire de vie. Et puis écouter des envies - très importantes dans la psychiatrie et la gériatrie.
Pour réussir à effectuer les huit consultations de cardiologie en 2h30 évoquées plus haut, c’est toute une organisation et un savoir-faire qui ont été mis à contribution.Être là pour répondre au besoin des patients et des équipes soignantes au bon moment et de la bonne façon est un métier : celui des infirmièr(e)s mobile en télémédecine de TokTokDoc.

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