Diminution des hospitalisation

Les enseignements tirés de 3 ans d’expérimentation « Article 51 »

Pour mettre en pratique une télémédecine utile et utilisée, le modèle de « Policlinique Mobile » expérimenté depuis 2020 par TokTokDoc dans le cadre d’une expérimentation Article 51 est une organisation qui a fait ses preuves.

Cet article fait partie d’une série un peu particulière :
📅 4 semaines
👉 4 épisodes
…pour vous parler d’une actualité brûlante. Plus précisément d’une solution qui marche, issue d’une collaboration unique entre acteurs publics, territoriaux et privés.

L’épisode #1 (« Le problème ») est accessible ici.
L’épisode #2 (« Une solution ») c’est par là.
Bonne lecture !

Episode 3/4 : le terrain

À quelques mois de son échéance, la Policlinique Mobile TokTokDoc accompagne plus de 1300 résidents d’Ehpad sur 17 établissements et 3 bassins de santé.

L’évaluation avec la cellule Article 51 est entrée dans sa phase finale. Les résultats que nous avons mesurés avec les établissements et selon les données de notre propre système d’informations sont encourageants, en attendant leur confrontation à ceux du Système National de Données de Santé (SNDS) et le bilan officiel de l’expérimentation.

Diminution des hospitalisation
Chiffres bruts issus du système d'information interne des établissements, hors contextes, en attente de confrontation SNDS

📊 Les enseignements tirés de 3 ans d’expérimentation « Article 51 »

Les délais entre sollicitation et réalisation d’une consultation de spécialité sont divisés par 2 par rapport à la population générale. Le nombre d’acte de spécialité par résident a été multiplié par 4, dont 25% de dépistage. Une réduction des hospitalisations significative apparaît.

Plus de 200 médecins traitants suivant 95% des patients ont été embarqués et travaillent avec la Policlinique Mobile. 100% des personnels évaluent une amélioration de la régularité du suivi médical. 94% voient une amélioration de la qualité du temps qu’ils accordent aux patients.

C’est tout sauf une victoire de laboratoire. L’organisation est efficiente et réplicable après 3 ans d’une expérimentation menée en zones urbaines aussi bien que rurales, montagneuses, avec des Ehpad privés ou associatifs. La collaboration étroite avec la cellule Article 51, l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est et les pouvoirs publics, a permis de dégager une structure viable.

Les 9 composants de la Policlinique Mobile

(1) Des infirmières mobiles spécialisées en télémédecine équipées d’objets connectés sont mises à disposition des établissements. Avec l’accord des médecins traitants, elles organisent et réalisent des prises en charge au chevet des résidents en coordination à distance avec (2) un réservoir de médecins spécialistes (aujourd’hui vacataires et disposant d’une activité hospitalière ou libérale à côté).

Un (3) cadre de santé chapeaute l’équipe, et s’appuie sur (4) un secrétariat médical qui organise les besoins remontés par les établissements, les plannings des médecins, celui des infirmiers et des infirmières, s’assurant ainsi d’un maximum de temps médical disponible. Un (5) médecin référent gériatre intégré à l’organisation permet d’établir et de suivre les Projets Personnalisés de Soin (PPS) transmis aux médecins traitants.

La gestion fine de cette collaboration est assurée, au centre du dispositif, par (6) un coordinateur de cellule, véritable chef d’orchestre, qui met en musique les collaborations, planifie les besoins de vacations, gère la ressource humaine, et fait le lien avec le (7) logiciel de télémédecine et son équipe technique.

Le « ciment » de ces briques est une (8) tarification au forfait (per capita) qui permet une gestion dans la durée et avec du recul des besoins et de l’allocations des ressources. Cette modalité financière crée une solidarité et renforce un intérêt commun entre les différents acteurs de la chaîne du soin. Elle donne des marges de manoeuvre aux équipes pour organiser les soins programmés et non programmés. Elle protège des deux écueils bien connus de la prise en charge à l’acte : le morcellement des interventions et la surconsommation de soins.

Le risque inverse (sous-consommation des soins au forfait) est évité par le statut de « garant » indépendant conservé par (9) le médecin traitant, externe à cette organisation. Il est informé dès l’intégration de son patient. Il surveille les soins demandés ou effectués, peut demander à intégrer des téléconsultations de médecine générale destinées à son propre suivi du patient. 

Cet édifice initialement théorique est devenu une mécanique éprouvée en pratique en 3 ans d’expérimentation. Nous pouvons estimer aujourd’hui une taille et un fonctionnement de « croisière » qui optimise les actions de chacun et l’investissement requis. Embarquer environ 1400 résidents permet d’atteindre une taille critique et un taux d’usage supérieur à 80% sur les vacations des médecins spécialistes sollicités. Ce sont ainsi 18 établissements embarqués, répartis sur des bassins géographiques cohérents, qui permettent la mutualisation et la mobilité d’environ 10 infirmières et d’atteindre les résultats soulignés plus haut.

À suivre dans notre prochain épisode : le futur.

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